Gaudé (Laurent), Danser les ombres, Ecoutez nos défaites

Les derniers romans de Gaudé sont toujours placés  en évidence sur les étagères de chez Libris, ma librairie à LLN (devenue Chapitre) au moins à  trois endroits différents ce qui me fait dire que je ne suis pas la seule du genre, une fan.

Quel auteur ! De la définition de fan, retenons :  admiratrice dans toute sa splendeur un peu bêbete, prête à suivre partout l’objet de son émoi, à le pister, à adhérer comme la glu. Donc, j’aime et quasi tout de lui, je parle de ses livres !

Les derniers opus sont toujours aussi denses. Des phrases lapidaires, concises et ciselées : rien de trop, juste ce qu’il faut, une cuisine maitrisée, parfaitement assaisonnée, des ingrédients choisis, dosés, présentés avec l’élégance d’un style et la maestria d’un chef.

Les contextes sont précis et chargés. Ils servent à merveille cet auteur si proche du théâtre qui ne recule jamais devant la puissance et l’audace de l’onirique, du magique, ou du spirituel, pour télescoper les mondes des vivants et des morts.

Danser les ombres, c’est Haïti, les tontons macoutes, les dictateurs qui se succèdent et se ressemblent et le Vaudou. Ils constituent le décor de ce nouveau drame, signe distinctif de l’auteur. Le tremblement de terre est le pivot de l’ouvrage. Pour le reste, je n’en dirai pas plus. Hormis la puissance de ce petit, tout petit livre aux si grands effets.  Hormis la densité des personnages, leur engagement, leur humanité. Hormis aussi la violence de la terre qui fait écho à celle de certains hommes.

Ecoutez nos défaites, écoutez Hannibal marchant sur Rome,  Haïlé Sélassié contre l’Italie, le général Grant contre les confédérés, ce bruit, la foule des combattants, et toutes ces défaites qui ne consacrent que des soi-disant victoires.  A quel prix ? Peut-on vivre en trainant à sa suite le cortège de la mort ? Et cet espion fatigué de ses missions où l’on ne gagne ni ne perd et qui conserve l’image de l’archéologue rencontrée et aimée et qui voue sa vie à sauver ne fût-ce qu’une seule œuvre d’art, la survivance de l’humain.

Encore un grand livre ! Voilà, Libris/Chapitre me doit les frais de publicité et Gaudé, rien du tout. J’achète et c’est gratuit jusqu’à la caisse !

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