La concierge à l’opéra

24. route cocaïne

D’après La princesse et le croque-notes de G. Brassens

Jadis, au lieu du dressing que voilà

C’était l’bazar pour toute la smala

Des tas d’armoires, et de fringues en cabine

Des frocs, des chemises, des blouses zé des trous

Dans ce tas d’linge et les mites par en dessous

C’était le domaine de la naphtali-i-i-ne.

 

Le fin du fin, les caleçons en molleton

Soutifs, culottes, bon pour l’marteau-pilon

Du brol, du toc, des nippes et des fripes

Des oripeaux, des hardes, des détritus

Personne n’en veut, juste pour le rebu

Laissés pour compte, relégués, par princi-i-i-ipe.

 

Or, un jour,  dieu du ciel, protégez-nous

V’là qu’la concierge file dans l’antre aux hiboux

Crisse la porte et doucement dans l’ombre

Le silence est épais comme un ourlet

Pas un bruit, rien ne souligne le forfait

Ses fortes mains s’égarent dans la pénom-om-om-bre.

 

Fouillis fouilla ventre à terre dans l’obscur

Un corps à cœur avec les fournitures

Les gants, les robes, les chaussures, quelles tocades

Des peaux, des velours, et des cuirs patinés

Elle ressuscite l’attirail oublié

Et elle s’envole au-dessus des balustra-a-a-ades.

 

Carmen s’enflamme, elle est à l’opéra

Primadonna d’un beau soir de gala

Dans ses bras, Don Jose ou bien l’Alfredo

Bel amant caresse donc mes atours

J’fais tourner têtes, pas queues des alentours

Passion, amours, délices, ho crescendo-o-o-o.

 

Crac, fait l’plancher des marches de l’escalier

Quelqu’un s’amène, va falloir y aller

Disperse en miettes ses rêves de breloques

« Remettez de l’ordre, rangez-moi ces miteux

Faut donner l’tout demain aux nécessiteux

Débarrassez, je vous en prie, ces défro-o-o-ques ».


Ecrit pour les impromptus littéraires

Ne sursautez pas si toquade est devenu tocade ou si prima donna a fusionné. C’est pas si grave que ça, après tout !

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A propos Anne de Louvain-la-Neuve

Les textes et les illustrations (collages, dessins, photos) de ce blog dévoilent mon univers et mes espaces d'inspiration dont découlent des histoires réelles ou imaginaires.
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32 commentaires pour La concierge à l’opéra

  1. walachniewicz dit :

    Je découvre…avec plaisir

  2. La Licorne dit :

    Cette chanson de Brassens …m’avait échappé ! (et pourtant, j’en connais pas mal…)
    Mais je vais rattraper ça…
    Merci pour cette chansonnette délirante…

  3. Valentyne dit :

    ho crescendo-o-o-o……

    Tu pourrais me faire aimer l’opéra ,prends garde à toi !
    Bisessss Anne

  4. L'Ornitho dit :

    D’humeur chantanate. C’est bien 😉

  5. Leodamgan dit :

    Cela se chante, cela se danse…
    Merci pour ce tourbillon!

  6. Voilà qui donne envie de pousser la goualante!

  7. Edith Neut dit :

    J’ai adoré tes vers Ils sont dignes d’un trouvère A ta santé je lève mon verre Et ma tirade se veut messagère De mon admiration devant ton savoir faire Ma très chère

    htidE

  8. Mireille dit :

    Au printemps, les petits vers se réveillent et les tiens ils m’ont fait chanter et souri-Hi-re !

  9. Ah oui, ce rebu? d’Alfredo, chirurgien bien connu devenu pizzaïolo, après que le sale opérât la belle Mercédès qui chantait – à coffre ouvert – la bohème prémonitoire (d’Aznavour évidemment) pour faire tourner têtes, pas queues des alentours.
    Ecrit pour les uns, plus prompts parfois moins tus, quand d’autres alités rairont.
    Cool nén’Anne. Je ne m’accostumerai jamais de tes lyres.

    • Haïle, mon Lolo ! j’en suis coite ! Je n’ai rien pour être à la hauteur de ta bravoure verbale et là, j’en reste baba (pas cool) ! En tout état de cause (à effets), tu es toujours mon fidèle et incorrrruptible lecteur. Reste bien là, hein, ne me fais pas défaut !

  10. 'vy dit :

    Evidemment, je suis passer écouter La princesse et le croque-notes de Brassens, histoire de lire cette histoire de chiffon en chanto-on-onnant.

  11. Il ne manque que votre voix sur un air de guitare ! Bravo ! ncçu&lmknv dmohn fgampufnnqo ! (ça, c’est quand j’applaudis sur le clavier)

  12. Une jolie revue de détail, un chouette détroussis de placard !
    et en effet, c’est pas si grave la primadonna colléeserrée ; tant que dressingue ne rime pas avec wassingue ! (mais en fait, ça rime peut être ?)

  13. loisobleu dit :

    Si la concierge est dans laisse cailler, on va pas se faire de noeuds pour le ballet, ça ira, ça ira ben comme cha !

    Je t’embrasse Anne, bonne journée !

  14. jobougon dit :

    Ah oui ! Quand même ! C’est quelque chose, ce dressing, ce mot sonne comme un réveil dring dring, j’adore toute cette légèreté, cette légèreté d’été, cet été léger défroqué, quelle plume de maestria que le vôtre madame de Louvain.

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