Les livres que j’aime

C’est loin d’être exhaustif mais j’ai commencé cette liste bien tardivement.  Je laisse ici mes impressions de toute une vie de lectures, loin d’être terminée. J’ai donc oublié pas mal de coups de cœur et je ne parle jamais des livres que je n’ai pas aimés. Ainsi je laisse une trace de ceux qui me sont restés ou me restent en mémoire (toujours nécessaire à un certain âge !) et que j’aime faire partager à mes amis. Les liens bleus renvoient à des pages plus précise de l’œuvre.

Romans Jeunesse – romans pour tous

Hearn (Lian ), Le clan des Ottori (les trois premiers tomes). Le Japon du moyen-âge aux fantastiques épopées guerrières, à dévorer.

Kroband Eran, Petite plume, et petite merveille de sensibilité.

Sachar (Louis), Le passage. Drôle, génial, superbe ! L’histoire d’un gamin obligé par la justice à creuser des trous ronds dans le désert. Il y trouvera le sens de l’amitié et de sa vie. Au cinéma, Sigourney Weaver tenait le rôle du chef de la prison ! Mais le livre est mille fois mieux !

Rowling (J.K.), Harry Potter et bien évidemment les sept tomes de cette auteure magistrale qui parle de l’adolescence comme personne, des choix que l’on fait dans une vie et qui vous déterminent,  et tout cela avec une imagination qui  transforme le regard qu’on porte sur le monde. Totalement incontournable.

La version Folio Junior  du Seigneur des Anneaux de Tolkien, que mon fils cadet a lue à 8 ans. Pour les grands, la version complète évidemment !

Romans pour tous mais tous pas nécessairement pour les plus jeunes

  • A

Agualusa, Barroco Tropical, un univers difficile à raconter, moitié onirique, moitié sauvagement réel, dans un Mozambique halluciné.

Allende (Isabel), La maison aux esprits.

Auel (Jean), Les enfants de la terre. Surtout les trois premiers tomes  car il y en a 5 ! La préhistoire vue au travers de situations et de personnages très… préhistoriques. Très bon docu-fiction sur les outils, la chasse, les vêtements, la survie des premiers hommes. Accompagnez ces lectures par La Guerre du feu et là, vous serez incollable !

Azoulai, Nathalie, Titus n’aimait pas Bérénice. Ce roman tente d’expliquer pourquoi l’éducation de Jean Racine à Port-Royal l’a conditionné à l’écriture d’un théâtre forcément dense, forcément dramatique.  Il y a toujours impossibilité pour un héros de se faire aimer  puisque l’autre ne l’aime pas et en aime un troisième. J’aurais préféré qu’elle se concentre sur l’histoire de Jean Racine sans renvoi à une autre plus contemporaine. Mais j’ai tout de même apprécié son écriture et cette recherche d’explication d’un style et d’une vie.

  • B

Barrico, Soie, Emmaüs, Mister Gwyn, La jeune épouse. Mister Gwyn  me semble un sommet dans la construction d’une histoire qui se lit presque comme un polar. Grâce un style clair, efficace, brillant, l’imaginaire puissant de l’auteur est au service de personnages typés qui restent longtemps dans les esprits. Quant à La Jeune épouse, quelle merveille ! A lire ce compte-rendu ici.

Beauchemin (J. F), Le jour des corneilles.

Benameur (S.), Profane. Au seuil de la mort, un vieux monsieur rassemble quatre personnes de tous horizons, recrutés par petites annonces, pour l’accompagner dans sa fin de vie. Ils sont tous là pour s’entraider finalement les uns les autres et ce livre est une formidable leçon d’humanité.

Berberi (Muriel), L’élégance du hérisson. Un monument ! La vie des Elfes est plus difficile à recommander car l’histoire se passe entre réalité et monde parallèle. Pourtant, l’écriture de cette auteure reste des plus intéressantes. Personnellement, je reste fan.

Blas de Robles (Jean-Marie), Dans l’épaisseur de la chair. Roman d’amour d’un fils pour son père, c’est une œuvre qui aborde les thèmes de la grande histoire (la guerre d’Algérie) dans les petites histoires (les pieds-noirs et leur univers). Il y a du panache dans cette écriture, parfois un peu prétentieuse lorsqu’il cite des tas d’endroits que le lecteur est censé connaitre s’il est intelligent (ou français) ! Un livre dense, passionnant.

  • C

Chandernagor (Françoise), incontournable  L’allée du roi. Ou l’histoire tout à fait incroyable de Françoise d’Aubigné qui épousa à 16 ans le contrefait et souffreteux Scarron avec qui elle vivra une petite dizaine d’années avant de se retrouver veuve à quelque 24 ans. La veuve Scarron, pas bête et assez belle, deviendra préceptrice des enfants bâtards de Louis XIV et de Madame de Montespan (suivez, quoi !). Puis arrive ce qui arrive, la voilà qui s’éprend du roi et réciproquement et pas possible, ils se marient ! Durant trente ans, les époux sont quasi inséparables. Puis le roi meurt, elle se retire à Saint Cyr qu’elle a fondé et l’histoire se referme pour l’éternité sur ses royaux époux qui de toutes façons ont fait l’Histoire.

Chevalier (Tracy), La jeune fille à la perle, La dernière fugitive, A l’orée du verger, la Dame à la Licorne. Cette auteure ne me laisse jamais indifférente pour la simple et bonne raison qu’elle sait raconter des histoires, tout simplement, sans chichis, sans grand style mais pas sans style. Dans A l’orée du verger, nous voilà partis sur les traces d’une famille de colons anglais en Amérique dont les choix de vie sont tout simplement nuls. Lui a mal choisi sa femme, elle n’aurait pas dû choisir de mari et à deux, ils ont mal choisi leur terre, tellement hostile sur ce marais. En aucun cas, on ne peut en sortir indemne. Les enfants meurent de fièvre au fil des ans, les parents deviennent maltraitants, s’entredéchirent et finalement s’entretuent, fin de la première partie. Deuxième partie :  nous découvrons des lettres du petit de la fratrie. Changement de ton, changement de style, on bascule dans une autre histoire et on reste scotché définitivement par cette nouvelle aventure. La vie est tout aussi dure pour lui mais elle est cependant rythmée par d’autres envies et non par la fatalité. Le jeune homme tente de trouver ce qui l’anime dans la vie,  la recherche de l’or ? le travail avec les bêtes ? Et soudain, c’est la découverte. Ce sont les arbres qui referment la boucle et le relient à son enfance et à son passé en le faisant définitivement entrer dans une vie d’homme et de père.  Moi, ça m’a emballée, comme tous les livres de Tracy Chevalier, une vraie conteuse. Et c’est pareil pour La dame à la licorne,  récit à partir de la toile du moyen-âge éponyme.  C’est également le cas de La jeune fille à la perle à partir du tableau de Vermeer de Delft ou encore de La dernière fugitive qui cerne le réseau de passage clandestin des esclaves noirs grâce à des Quakers. Mêlant des éléments historiques à ses trames narratives, cet auteure m’entraine dans son univers aussi sûrement que le sucre fond dans le café !

Clavell (James), partez découvrir avec lui tous les horizons de l’extrême Orient. C’est l’auteur de La Noble Maison, Taïpan, Shogun, etc. J’ai lu ça assez jeune et j’espère que ça n’a pas pris les mêmes rides que Premier de cordée.

  • D

Damas (Geneviève), Si tu passes la rivière

Davies (Robertson), fascinante Trilogie de Deptford qui comprend L’objet du scandale, le Manticore, Le monde des merveilles.

Declerck (Patrick), Démons me turlupinant. Un psychanalyste raconte des psychanalyses, fascinant !

De Luca, Erri, Montetidio. Un court roman initiatique d’un grand auteur. Le jour après le bonheur. Et le bonheur avec lui.

De Kerangal Maylis (voir Kerangal).

De Vigan Delphine, D’après une histoire vraie ou une histoire de manipulation sous toutes ses formes.

Didierlaurent, J.-P., Le liseur du 6 h 27. Un livre drôle, aux personnages humains (pas tous, mais presque, il en faut bien des méchants aussi), plein d’optimisme, à l’humour contagieux et je ne boude jamais ce plaisir-là ! Bref, à mettre entre toutes les mains et à offrir sans scrupule.

Dubois (Jean-Paul) , Une vie française.

  • E

Ernestam (Maria), Les oreilles de Buster. Superbe roman d’une femme qui tua sa mère et le dit dès les premières lignes, je ne dévoile rien ! J’ai adoré ce roman !

  • F

Fitzgerald (F. Scott), Gatsby le magnifique

Ferrante Elena, Une amie prodigieuse. Chez mon libraire, le bandeau du texte disait que c’est le livre que Daniel Pennac offre à ses amis. Evidemment, je l’ai acheté. Bon, je suis tombée dans la marmite de cette épopée (on en annonce trois, j’en suis à mon deuxième) qui parle de l’amitié et des liens de vie, de trahison et d’amour, dans un quartier de Naples au début du 20e siècle. J’ai dévoré.

Follet (Ken), Les piliers de la terre, évidemment ! Pas possible qu’on puisse passer une vie sur  cette planète sans lire ce monument. Mais on peut éviter sans peine la suite de la saga.

  • G

Gaudé (Laurent), Pour seul Cortège, Le soleil des Scorta, La mort du roi Tsongor

Gaudé (Laurent), Danser les ombres, Ecoutez nos défaites

Gavalva (Anna), Ensemble c’est tout, et tous les autres livres de cette auteure.

Gallay (Claudie), Les déferlantes. Mais pas le film ! Une belle histoire d’amour balayée par les embruns. Romantique à mort, j’adore !

Garcia Marquez (Gabriel), Cent ans de solitude. Je le relis pour l’instant (2017) et en redécouvre la puissance de l’écriture et de cet imaginaire à la frontière du réel qui m’avait bouleversée à 20 ans. J’en comprends (enfin) le titre dans toute son ampleur. Et puis, j’ai aussi eu besoin d’un arbre généalogique : il ne nous a pas facilité la tâche avec tous les noms et prénoms des Buendia, qui s’entremêlent dans des destins que la vie rend à la fois dissemblables et complètement similaires.

Georges (Elisabeth) : ne boudez pas le plaisir de suivre dans l’ordre les traces des policiers de Scotland Yard, le commissaire Linley et Barbara Havers. Pourtant j’ai abandonné les dernières parutions (4-5 etc.). Est-ce toujours cette auteure qui les écrit  d’ailleurs? On se pose la même question pour Patricia Cornwell.

  • H

Haddon (Mark), Le bizarre incident du chien pendant la nuit. Ecrit à la première personne, ce bouquin plein de sensibilité donne la parole à un gamin autiste. Brillant !

Harrisson (Jim), Les jeux de la nuit, Dalva, De Marquette à Vera Cruz, Légendes d’automne, Une odyssée américaine, Nageur de rivière, Sorcier, Le vieux saltimbanque. Cet auteur m’est indispensable : il défend l’honneur perdu des races brisées (les Indiens), l’amour de la nature, une profonde et indispensable liberté intérieure, un brin d’anarchie contre toutes les dictatures de la pensée. Je lis tout ce que je peux trouver en français de ce magistral romancier, grand amateur de pêche, de femmes et de bonne bouffe et l’un des meilleurs amis de Jack Nicholson (pour le côté cancan). Un des rares conteurs au vrai sens du terme. Quand il commence une phrase, on ne sait jamais où cela va nous mener.

Helgason (Hallgrimur) dur à dire et à retenir,  La femme à 1000 degrés.  Ce bouquin est une merveille d’écriture où comparaisons, métaphores, néologismes,  éblouissent le récit percutant d’une vieille femme au terme de sa longue et singulière existence.

Hillerman (Tony). Perdez-vous dans les montagnes rocheuses, sur les territoires des réserves Navajo et Hoppi et cherchez le meurtrier avec Jim Chee et le sergent Leaphorn. Tony Hillerman fait partie des auteurs de thrillers qualifiés d’ethnologiques et dont Arthur Upfield est le père.

  • I

Irving (John). J’ai quasi tout lu dont les plus importants, Le monde selon Garp, Hôtel New Hampshire, Une prière pour Owen, L’œuvre de Dieu, la part du Diable. D’autres m’ont moins marquée, L’épopée du buveur d’eau, Une veuve de papier, Dernière nuit à Twisted River, Avenue des mystères. Mais cet auteur à l’imagination flamboyante (ils sont rares) m’a fait découvrir qu’on pouvait rire comme une folle ou pleurer comme une Madeleine pendant deux jours car les personnages vous sont proches comme des amis ou des frères. J’ai cependant moins apprécié les deux derniers où je retrouve les mêmes thèmes qui m’avaient séduite 20 ou 30 ans plus tôt.

  • K

Kerangal (Maylis de), Réparer les vivants. Subtile approche psychologique et émotionnelle de personnages saisis dans le drame d’une transplantation cardiaque. Ecriture magnifique, riche, qui rend la force des situations parfois si poignante que j’en ai pleuré !

King (Stephen). Les sept tomes de La tour sombre n’ont rien à voir les contenus habituels des autres romans de l’auteur. Ils suivent  les aventures du Pistolero qui poursuit la quête de la Tour sombre entre les mondes.   Comme dit mon ami Tony, « Et deux moteurs te poussent à lire cette quête : la curiosité (on veut comprendre) et la capacité à gérer l’incertitude. Si l’un des deux te manque, ne commence pas la lecture. Si tu as les deux, attention aux nuits blanches ». C’est aussi la recherche d’un auteur (il commence le premier tome à 20 ans et termine le cycle à 60) pour trouver son style avec l’ambition de créer son propre Seigneur des anneaux. A lire absolument pour tous les fans du genre.

Koch, Le dîner. Parents, loin de moi de vous donner des ordres, mais lisez ce bouquin et digérez ! Ensuite, lecteurs de tous bords, bronzez sous le soleil d’une Villa avec piscine. Sociologiquement, Koch est un maître. Ses autopsies de l’âme humaine ne laissent pas indifférents. C’est passionnant mais sans concession ! Âmes sensibles s’abstenir.

  • L

Lachaud (D.), J’apprends l’hébreu. Très beau roman sur l’impossibilité des rapports père-fils.

Laberge (Marie), Le goût du bonheur. Gabrielle, Adélaïde, Florent.

Lanoye (Tom) , La langue de ma mère

Le Guillou Philippe, Les sept noms du peintre. Roman fort où les thèmes de puissance, de sexe et d’anarchie sont abordés sans concession, vous voilà prévenus.

Lewis (Roy), Pourquoi j’ai mangé mon père. J’ai aimé ce livre à la folie car il m’a fait hurler de rire. C’était il y a longtemps. Je devrais m’y replonger pour savoir si la même magie opère.  

Luret (William), L’homme de Porquerolles. Introuvable ce livre, l’histoire de ce petit Belge, fils de batelier,  qui conquit l’Amérique, trouva de l’or et acheta l’île de Porquerolles. Authentique.

  • M

Mankell (Henning) , Les chaussures italiennes,  Entre autres. De lui, je suis absolument fan et ses bouquins policiers avec l’inspecteur Wallander font partie de mes romans cultes.

Menegos (Mathias), Karpathia

Minard (Céline), Faillir être flingué. Vous n’avez jamais lu de western ? Réparez cette erreur avec le prix Inter 2014 qui nous emmène « dans les plaines du Far West quand vient la nuit, les cowboys et les Indiens sont réunis », tagala, tsouin, tsouin. Superbe.

Moresco (Antonio), La petite lumière, Fable d’amour. C’est une figure majeure de la prose narrative contemporaine, nous raconte la 4e de couverture (que je ne lis pourtant jamais avant lecture). Et bien, je n’ai que quelques mots à dire : secouant, interpellant, émotionnellement bousculant, tout comme Le jour des corneilles de Beauchemin. La petite lumière que le narrateur aperçoit depuis sa petite maison dans ce petit village isolé où il est seul au monde est le prétexte d’une rencontre entre les mondes de la vie et de la mort, avec un style aussi particulier que magistral, d’un auteur brillantissime. Fable d’amour conte l’histoire d’un amour impossible entre un vieux clochard et une fille merveilleuse, toujours dans ce style incroyablement audacieux de l’auteur, semé de répétitions, de redites, et pourtant jamais ennuyeux au rythme lent et puissant comme une vague. Les frontières de la vie et de mort semblent s’atténuer et finissent par se confondre. Comme Paasilina, un homme affranchi des cadres de la littérature traditionnelle.

Murgia (Michela), Accabadora. Dans une Sardaigne écrasée de lumière, l’histoire d’une petite fille adoptée par une veuve dont on ne sait pas tout.

Murakami, Kafka sur le rivage. Futur prix Nobel de littérature ?  Allez, on parie … L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage m’a semblé plus léger, plus facile et moins emblématique de cette œuvre tout de même foisonnante et pleine d’imagination, qui fait la part belle à l’humain et aux sentiments importants qui comptent et emportent, l’amitié, l’amour, la fidélité, la trahison, le dialogue, la confiance.

  • O

Olafsdottir (Ava Audur) , L’embellie. Un roadmovie délicat entre une célibataire endurcie et un petit garçon handicapé et prêté. Rosa Candida était bien aussi mais moins.

  • P

Paasilina (Arto), Le lièvre de Vatanen, évidemment, et tous les autres.  je n’en cite aucun : je les adore tous ! C’est définitivement un de mes auteurs préférés. Cet autodidacte écrit comme il respire, naturellement et puissamment sans en avoir l’air. Chantre de l’écologie, de la liberté intérieure, il revendique dans ses écrits cette même liberté de non religion, de sa propre morale. Il y a chez lui une indécence ravageuse et jouissive associée à une imagination débridée. Il est à la littérature ce que Gaston Chaissac est à l’art brut, incontournable.

Pennac (Daniel), Au bonheur des Ogres, la Fée Carabine, La petite marchande de Prose, du Prosac garanti sur facture, un antidépresseur puissant combiné à du millepertuis survitaminé intégral pour un régal très digeste.

  • R

Ruffin (J. C.), L’Abyssin, Le grand Cœur, Immortelle randonnée –  Compostelle malgré moi, Rouge Brésil, Le collier rouge. C’est dit, j’aime. Encore une déclaration d’amour.

  • S

Serres (Michel), Pantopie, de Hermès à petite Poucette. Pour (mieux) comprendre le philosophe et l’homme.

Shaffer (Mary-Ann) et Barrows (Annie), Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates. Délicieux !

Stefansson (Jon Kalman) Entre ciel et terre, La tristesse des anges, Le cœur de l’homme. Premier tome : dans une Islande dure, impitoyable, des pêcheurs se battent contre la mer et les éléments pour survivre. La poésie peut en sauver quelques-uns et en condamner d’autres. Tome 2 : on poursuit les aventures du Gamin qui accompagne le facteur à travers les montagnes et personne ne sortira intact de cette tempête de neige. L’histoire se poursuit dans le troisième tome qui clôture cette ambiance à nulle autre pareille dans un pays envoûtant et hostile.  A dévorer sans modération… au coin du feu.

Stocket K., La couleur des sentiments. Et dire que c’était encore comme ça dans les années 60 aux Etats-Unis, ce racisme (associé à l’adjectif) primaire (pléonasme !). Il faut lire pour le croire et rêver que l’extrême droite ne nous rattrape jamais même si elle montre constamment  le bout de son nez. Un livre enthousiasmant et secouant sur la condition des esclaves noires.

Styron (William), bien sûr Le choix de Sophie.

Szalowski (Pierre ). Le froid modifie la trajectoire des poissons, un petit conte sans prétention et assez drôle.

Szabo Maria, La porte. Superbe peinture de deux femmes, de deux générations, de deux classes sociales que tout sépare, que parfois le sort rassemble mais pour combien de temps ? De loin supérieur au prix Goncourt 2016 Chanson douce de Leila Slimani, ce roman traite des rapports de force entre une femme d’ouvrage et sa maitresse. Magistral.

  • T

Taylor (Kressmann), Inconnu à cette adresse. Deux amis s’écrivent, l’un est juif, l’autre allemand. La correspondance s’arrête…

Thomas Ellis (Alice) et sa Trilogie du jardin d’hiver :  Les habits neufs de Margareth, les ivresses de Madame Monroe, Les égarements de Lili.

Tirtiaux (Bernard), Le passeur de lumière. Il parle des souffleurs de verre au Moyen-Age comme personne. Un livre superbe.

Tolkien, Le Seigneur des Anneaux Trois tomes que j’ai déjà lus trois fois et ce n’est pas fini. Je fais partie de la famille d’Aragorn, définitivement et du clan de Galadriel.

Trouillot Lionel, Parabole du failli. Histoire d’hommes, d’amitié, d’amour pour notre si belle langue française qui crée le monde et le fait renaitre. C’est beau ce livre, c’est puissant par la poésie qui s’en dégage, par l’univers profondément humain qu’il reflète.

  • U

Upfield (Arthur), L‘os est pointé, et tous les autres. Upfield est le père du roman ethnologique et je rends ici un hommage public à ma psy qui m’a fait découvrir tous les romans de cet auteur du début du 20e siècle. A découvrir aussi et  surtout si vous partez en Australie. Napoléon Bonaparte est son héros mi-aborigène, mi-blanc au cœur des intrigues du bush.

  • V

Vargas (Fred). Si son premier roman Les jeux de l’amour et de la mort n’est pas prometteur, pour tous les autres, je suis fan. D’abord, ceux qui mettent en scène Adamsberg, entouré de rôles secondaires de premier choix.  L’homme aux cercles bleus (arrivée d’Adamsberg au commissariat à Paris), Sans feu ni lieu, L’homme à l’envers (dans les montagnes…), Pars vite et reviens tard (la peste dans Paris), Coule la Seine (trois nouvelles), Sous les vents de Neptune, Dans les bois éternels : un des meilleurs, en Bretagne en partie, Un lieu incertain : Danglard en Angleterre, Retancourt et le chat. L’armée furieuse. Sans Adamsberg, c’est bien aussi : Ceux qui vont mourir te saluent (à Rome avec trois faux empereurs), Debout les morts : entrée en scène des trois évangélistes. Un peu plus loin sur la droite, une enquête de Kehlweiler.

Verdier (FabiennePassagère du Silence.

  • W

Winckler M., La maladie de Sachs

Wassmo Herbjørg, Le livre de Dina. Trois parties (Les limons vides – Les vivants aussi  –  Mon bien-aimé est à moi) pour une grande saga comme je les aime avec un cheval fougueux nommé Lucifer, un domaine où vivent humbles et puissants, où se côtoient les générations et surtout une héroïne marquante pleine de contradictions, sauvage, puissante, d’une liberté totale. Bref, on se laisse emporter, ventre à terre, par les mouvements du cœur, de l’âme et des corps.

Whitehead Colson, Underground Railroad, prix Pulitzer, National Book Award. Voilà décrites ici toutes les horreurs que des hommes, les suprématistes blancs, peuvent inventer pour asservir  d’autres hommes, les noirs. Voilà décrits ici  les fondements du racisme aux Etats-Unis, cette incroyable créativité pour asservir et briser. On suit complètement assommé l’histoire de Cora, une jeune esclave noire des plantations de coton, qui trouve un jour la force de fuir ses bourreaux pour emprunter les voies du réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite. J’ai avalé, dévoré,  ce roman entre répulsion et hypnose, fascination et effroi car c’est aussi un remarquable thriller. On comprend mieux comment et pourquoi ce crétin de Trump est arrivé au pouvoir et à quel point il peut aussi être dangereux.

Wynd (Oswald), Une odeur de gingembre (Ginger Tree)

  • Y

Yalom I. D. Le problème Spinoza. Je n’aurais jamais eu le courage ni l’intelligence de lire Spinoza dans le texte. L’auteur l’a fait pour moi, merci bien, pour m’instruire sur cette intelligence magistrale, cette supériorité intellectuelle en un temps où l’exigence de Dieu et de la religion imposaient même la manière de respirer. Un franc-tireur dont la pensée devrait encore et toujours nous guider, nous inspirer, nous transformer…

  • Z

Zweig S., Le joueur d’échec. Voilà un auteur qui rapporterait gros au scrabble si les noms propres étaient permis. Bref, revenons à nos moutons. Deux histoires se chevauchent et s’imbriquent. La première est celle d’un joueur d’échec professionnel et champion du monde. Il rencontre sur un bateau l’homme qui peut le faire tomber de son piédestal de grand maître,  s’il le voulait vraiment. Une mise en abime d’une autre histoire dans la première explique pourquoi cela ne se fera pas.

Emile Zola, Nana

 

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21 commentaires pour Les livres que j’aime

  1. Ping : Mes coups de cœur des livres de cette année | Anne de Louvain-la-Neuve

  2. Je vois que vous aimez Laurent Gaudé. Je ne saurais assez vous recommander son dernier: Écoutez nos défaites. Ce n’est pas si simple à lire mais c’est un très beau livre. Et puis, mais vous les connaissez sûrement, ses autres: La mort du Roi Tsongor, Ouragan, El Dorado… Je trouve sa langue puissante et lyrique, neuve et protéiforme. Et puis il a la clairvoyance des grands poètes.

  3. monesille dit :

    Comme quoi certains livres sont universels et se retrouvent dans toutes les bibliothèques, J.M.Auel. Muriel Barbery, James Clavel,Delphine de Vigan, Minard, Pennac; les bons livres ont cela de bon que l’on peut les relire et toujours se faire prendre à un moment où à un autre dans l’histoire.
    Bises insomniaque

  4. Salut Anne, je découvre ton blog, c’est super. Nous sommes en connexion littéraire au moins à propos de Jim Harrisson, J-C Rufin, Baricco et Fred Vargas. Absolument fan ! Amitiés.

  5. Valentyne dit :

    Je découvre ton blog un peu plus ce soir et je tombe sur ce passage : « Agualusa, Barroco Tropical, un univers difficile à raconter, moitié onirique, moitié sauvagement réel, dans un Mozambique halluciné. » J’avais adoré 🙂

    Je poursuis (j’en suis qu’au A) 🙂
    Bonne soirée 🙂

  6. MyoPaname dit :

    Je retrouve des livres que j’ai aimé… toujours en quête de nouvelles lectures, je vais trouver ici de nouvelles inspirations 😀
    Merciii

  7. marinette Desaive dit :

    Je reconnais pas mal de livres que l’ai lus et appréciés et j’imagine que cette liste est loin d’être exhaustive. Aurais-tu eu l’occasion de lire des auteurs comme Eve de Castro, Joyce Carol Oates, Richard Powers, F. Deghelt (La grand-mère de Jade, La vie d’une autre), Armel Job …. ?
    Et dire que notre vie sera trop courte pour lire tout ce qu’on devrait ou aimerait lire …

  8. Jeanne dit :

    C’est chouette de voir ce que les autres lisent. Ca donne des idées . As-tu lu « Grâce et dénuement » d’Alice Ferney et « Les désorientés » d’Amin Maalouf? que j’ai adorés..

  9. Véronique dit :

    Si tu ne l’as pas encore lu, essaie « Coeur cousu » de Carole Martinez, je suis certaine que tu vas aimer. Ta liste est vraiment pas mal !

  10. Anne Samin dit :

    Moi aussi,j’ai aimé et même adoré « Passagère du silence ». J’ai distillé la lecture goutte à goutte pour ne pas le lire trop vite, pour faire durer le plaisir au maximum …trop beau,trop bon .
    Anne Samin

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